Saadi Souami, peintre en quête de son ideal

par | 16 Oct 2015 | À la rencontre de

À l’occasion de son exposition à la galerie Vitrine-65, j’ai eu l’occasion de rencontrer Saadi Souami durant la préparation de cette exposition. Voici l’interview d’un peintre timide mais non dénué d’une profonde conviction.

Bonjour M. Souami, pour les personnes qui ne vous connaîtriez pas encore, pouvez-vous vous présenter ?

Je m’appelle Saadi Souami et je suis peintre.

Quel adjectif vous défini le mieux ?

Je dirais l’adjectif méditatif car je travaille très lentement et je remets en question mon travail en permanence.

Durant vos études aux beaux-arts, vous avez rencontré un professeur qui a beaucoup compté pour vous ?

C’était mon professeur de peinture aux beaux-arts, il s’appelait Olivier Debré. Il a beaucoup contribué à ma formation, à mon goût artistique et il est vrai que je dois beaucoup à cette homme.

Et qu’est-ce que ce professeur vous a apporté ?

Il m’a fait découvrir l’art abstrait. Je suis entré aux beaux-arts à l’âge de 20 ans et j’avais une culture un peu succinct de l’art. Je me suis arrêté au modernes, Matisse, Picasso, et j’ai découvert tout un pan de l’histoire de l’art des années 20 aux années 50, histoire que j’ignorais.

Lui était, justement de cette génération, et j’ai découvert son travail, de grands aplats de couleur très physique. Il travaillait à la manière d’un impressionniste mais c’était un peintre abstrait. Et j’avoue que c’est un travail qui m’a fais bouger à l’époque, quand j’avais vingt ans.

Vous avez un style artistique qui est basé sur le construit, comment se passe votre processus de construction ?

Effectivement, c’est un travail construit mais qui est complètement aléatoire. Généralement, je part toujours sur une inconnu, je cherche à structurer un espace et je n’ai pas de méthode. À chaque fois que je commence un tableau, c’est une inconnue pour moi car ce n’est jamais quelque chose qui est déjà préétabli ou pensé. J’apprécie partir sans filet pour aboutir.

Si je resume, c’est partir du chaos pour aboutir à une structure, mais c’est un processus inconscient aussi je préfère garder cette part d’ombres en moi. Donc je n’ai pas de méthode de travail, c’est construit mais complètement anarchique.

Lors de votre dernière exposition, vous aviez travaillé la ligne, tandis que votre prochaine exposition sera consacré aux aplats de couleur. Comment choisissez-vous la technique pour vos series ?

Le travail de la ligne est essentiellement consacrés au dessin. J’ai deux pratiques, je dessine et je peins. Mes recherches formelles, compositionelles sont fait à travers le dessin tandis que j’ai toujours travaillé la peinture en aplat de couleur. Aplat de couleur qui forment des lignent également car lorsque l’on superpose deux aplats, on crée de la composition et de la géométrie. Donc la ligne se travaille par le dessin, alors que les aplats par la peinture.

Votre prochaine série représenteras des silhouettes de bâtiments, comment cette idée a germé ?

Il s’agit de quelque chose que j’avais en tête depuis plusieurs années, je travaille toujours des structures qui finalement ressemble à des architectures, inconsciemment toujours. Je cherche des formes monumentales, inquiétantes et souvent je tombe sur des formes qui ont une allure d’architecture. Donc c’est un peu ambiguë, il est vrai que l’on peu parler d’architecture, mais en même temps, on peut aussi parler d’aplat de couleur, de contraste et d’espace. Je pense que la peinture c’est aussi cela, une illusion.

Pouvez-vous nous parler de votre processus de recherche ?

J’ai tendance à chercher la forme directement sur la toile, car j’aimerais imprimer une sorte de vibration, d’aura. Je ne voudrais pas que soit une illustration, une idée. Je pense que la peinture ce n’est pas cela, c’est vraiment une énergie que l’on transmet de la main à la surface de la toile. Donc je tiens beaucoup à cette façon de travailler et je suis obligé de tâtonner pour trouver. Et donc effectivement je remodifie beaucoup la forme jusqu’à trouver la forme idéal, ou en tout cas celle que je recherche.

Que représente la peinture pour vous ?

C’est de l’émotion plastique sur une surface donnée, cela ressemble à un chanteur qui rend une emotion vocale. Moi, j’essai de la rendre plastique. C’est pour cela que je dis que la peinture ce n’est pas une émotion, il y a un investissement personnel.

Merci pour ces réponses M. Souami.

Flavien Onfroy

Flavien Onfroy

Co-fondateur

Passionné par les nouvelles technologies, d'aucuns pourraient m’appeler un "geek", je suis à l'affût des technologies qui peuvent modifier ma façon de regarder mais aussi de concevoir l’architecture. Je m'interesse à toutes les formes d'arts, autant comptemporain que classique. 

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