Sebastian Masuda, le Kawaii comme philosophie

par | 8 février 2017 | Interview

En ce début d’année 2017, je vous propose de plonger dans la culture japonaise, à travers la publication d’une série d’interviews d’artistes japonais, ou d’artistes français travaillant au japon.

Sebastien Masuda est un artiste contemporain qui travaille sur la notion de Kawaii, terme purement japonais qui possède un sens beaucoup plus profond que ce que l’on pourrait penser. Sebastien Masuda est un pionnier du style Kawaii à travers la création de la première boutique dédié à ce style vestimentaire, 6%DOKIDOKI, au sein du quartier de Harajuku.  Durant la dernière Japan Expo, Sebastian Masuda est venu présenter son projet artistique « Time after Time Capsule » en collaboration avec NHK World TV.

J’ai pu, à cette occasion, lui poser quelques questions à la fois sur le Kawaii mais aussi sur son projet artistique.

Japan Expo 2016, Kawaii, Time Capsule, Sebastian Masuda

Flavien : Es-ce que vous pourriez vous présenter et présenter votre parcours ?

Sebastian Masuda : Bonjour, je m’appelle Sebastien Masuda, je suis directeur artistique et j’organise des événements à Harajuku sur le théme du Kawaii. Mes activité au Japon sont au nombre de trois: l’art, la mode et Internet. À l’étranger, je suis un artiste comptemporain.

Vous êtes connu pour avoir lancer la mode Kawaii, comment avez-vous créer cette mode ?

Il y a vingt ans, à Tokyo, dans le quartier Harajuku, il y avait une grande avenue piétionne et beaucoup de jeunes s’y rassemblaient pour s’exprimer à travers leur mode. J’ai ouvert ma boutique qui s’appelle 6%DOKIDOKI et à travers ce magasin, j’ai exprimé ma créativité. Vers la fin des années 1980, début 1990, c’était la mode du noir et blanc. Pour ma part, j’avais une approche à l’opposé de cette mode. Mon expression coloré était une révolte face aux adultes qui s’habillaient en noir et blanc.

À l’époque les gens ont trouvé cette mode très enfantine, trop coloré. J’ai reçu beaucoup de critique car la société, à cette époque, était marqué par la guerre. Pour moi, ce n’était pas ce que je voulais, et donc j’ai lutté contre cet état d’esprit avec mes couleurs. Le Kawaii dérive de cette utilisation des couleurs pour montrer une révolution face à cet état d’esprit.

Le Kawaii vient de mon enfance, notamment des paysages, car quand j’était petit mes parents avaient un magasin, donc je ne pouvais pas rester à la maison. Je me promenais beaucoup dans le quartier commerçant, j’allais souvent dans les magasins de bonbons et de jouets. Il y avait beaucoup de couleurs differentes et j’appreciais beaucoup cela.

Japan Expo 2016, Kawaii

Quand je suis devenu adultes, je suis retourné dans ces magasins. Mais, je n’ai pas retrouvé les mêmes sensations, je n’ai pas vu la même choses. Et donc j’ai voulu retrouver les sensations de mon enfance à travers le Kawaii.

Mon Kawaii prend racine au sein de mon enfance.

Comment avez-vous vecu la reconnaissance du Kawaii ?

C’est grâce à Internet que le Kawaii a été reconnu. Je m’occupais de la culture de Harajuku, or maintenant c’est devenu un phénoméne de mode, et même Naruto est rentrée dans le Kawaii.

Et maintenant, vous avez des fans à travers le monde, comment le prenez-vous ?

Peut-être il y a des gens qui ne savent pas que le Kawaii vient du japon, mais cela me fais plaisir d’avoir des fans reconnaissant.

Japan Expo 2016, Kawaii, Time Capsule, Sebastian Masuda, Domo-kun

En ce moment vous présentez une œuvre artistique, une Time Capsule. Pouvez-vous nous présenter le principe de votre Time Capsule ?

Après le lancement de Kyary (Kyary Pamyu Pamyu), j’ai pu montrer mon œuvre à travers le monde entier. Pour comprendre le principe de la Time Capsule, il est necessaire de parler de la thése du Kawaii. Le Kawaii a pour but de créer sa propre mode, donc chacun à sa propre mode Kawaii. Il n’y pas de vrai ou de faux Kawaii.

En 2014, j’ai fais mes débuts en tant qu’artiste afin d’exprimer mon Kawaii. Lors de mon exposition à New-York, j’ai transformé une petite chambre au sein de laquelle j’ai créé sept zones différentes. À l’époque, je n’étais pas connu à New-York, mais plus de mille personnes sont venu à mon exposition. Je m’attendait à voir les adeptes de la mode Kawaii ainsi que les fans de Kyary mais ce sont plutôt les amateurs d’art qui sont venus, ce qui m’a beaucoup surpris. J’ai appris, par la suite, que c’est Lady Gaga ainsi que d’autres artistes qui ont dis être inspiré par la culture japonaise. C’est pour cela que beaucoup de personnes sont venues me découvrir. J’ai conscience qu’il y a beaucoup d’energie qui se dégage du Kawaii et si beaucoup de personnes se rassemble dans le monde entier cela permettra d’avoir encore plus d’énergie. À ce moment là, j’ai conceptualisé le projet de time capsule. Ce projet consiste, dans dix pays différents, a installer un personnage comme Hello Kitty ou Domo Domo. Et les personnes dépose un message pour l’avenir au sein du personnage.

 

Ce projet a deux buts.

  • le premier but est de créer, à l’occasion des jeux olympiques 2020 de Tokyo, un monument dédié à la paix en combinant les differents personnages repartis dans le monde
  • le deuxiéme but est d’ouvrir les time capsule, vingt ans plus tard, en 2035 dans leur pays d’origine.

Pourquoi vingt ans ? Il y a vingt quand j’ai commencé mon activité, cela n’était pas accepter. À l’heure actuelle, que ce sois à New-York ou à Paris, il y a de nombreuses personnes qui apprécie le Kawaii. Donc si, en vingt ans, j’ai pu changé l’avenir de nombreuses personnes. Dans le monde, quelqu’un à peut-être un message qui pourra changer le monde. Cela est mon sentiment pour ce projet.

Pour vous, a quoi ressemblera le monde dans vingt ans quand les time capsule vont être ouverte ?

[Rires] J’aurai alors 65 ans. Mais si dans 20 ans je suis encore en pleine forme alors je voudrais voir les enfants qui ont été élevés maintenant et qui auront vingt ans de plus.

Et à quoi ressemblera la mode dans vingt ans ?

La mode jusqu’à maintenant a été à Paris ou à ses évènements. Mais je pense que ses entreprises de la mode ou les designers vont changer, tout en se mélangeant avec la culture qui apparaît dans la rue.
 Moi aussi, je suis influencé par « l’air de notre époque », et vais aussi je pense changer avec les âges. Je trouve cela bien.

Quel rêve poursuivez-vous ?

En tant qu’artiste, je pense que l’on peut appeler philosophie le « kawaii » propre au Japon, et à travers l’art, je voudrais que de nombreuses personnes se trouvent impliquées. Grâce à cela, je crois qu’alors le monde se pacifiera. C’est ainsi que je voudrais continuer mon travail.

Je remercie Sebastian Masuda d’avoir répondu à mes questions. Vous pouvez retrouver l’univers de Sebastian Masuda dans l’émission de NHK World dont il est le directeur artistique, Kawaii InternationalNHK World est accessible via les box internet et à la demande sur l’application dédiée, pour plus de détails.

Vous pouvez également retrouver Sebastian Masuda via Facebook et Twitter.

Images fournies par NHK World TV.

Flavien Onfroy

Flavien Onfroy

Co-fondateur

Passionné par les nouvelles technologies, d'aucuns pourraient m’appeler un "geek", je suis à l'affût des technologies qui peuvent modifier ma façon de regarder mais aussi de concevoir l’architecture. Je m'interesse à toutes les formes d'arts, autant comptemporain que classique. 

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